
L’affaire du coup de couteau du 28 octobre 2024 au kebab « Agora », en haut du boulevard Gambetta à Cahors n’est pas terminée. La victime s’est retrouvée devant le tribunal correctionnel de Cahors vendredi 12 septembre 2025. On l’accuse d’avoir voulu se faire justice sur son agresseur…
À lire aussi
Course-poursuite au centre de Cahors
Retour sur le coup de couteau du 28 octobre 2024. Ce jour-là, en fin de journée, une bagarre éclate au kebab « Agora » à Cahors. Un jeune Cadurcien, Benjamin*, reçoit un coup de couteau. Des frères jumeaux algériens sont arrêtés et jugés le jeudi 31 octobre 2024 à Cahors à deux ans de prison ferme.
L’affaire connaît un nouveau rebondissement. Le 22 juillet 2025, vers 20 h, un des deux frères jumeaux se présente, essoufflé, au commissariat de police de Cahors. Il explique qu’il a été pris en chasse par deux personnes dans une voiture alors qu’il se promenait dans les rues de Cahors. Place Chapou, le passager lui demande de monter dans le véhicule. Il refuse, se cache derrière les voitures stationnées sur la place, s’enfuit dans une rue piétonne. Le passager descend alors du véhicule, armé d’un fusil à canon scié, pour le pourchasser. Il reconnaît Benjamin, celui à qui il a donné un coup de couteau quelques semaines plus tôt. Il est sorti de prison après avoir fait 7 mois.
Le témoignage d’un ex-bâtonnier du barreau de Cahors présent sur la Place Chapou le 22 juillet, et les images de vidéosurveillance corroborent la version de la victime.
Ils partent de Terre Rouge en voiture
Benjamin est interpellé chez lui, à Terre Rouge. « On m’avait dit qu’il était à Cahors. J’y croyais pas, je croyais qu’il était encore en détention. » Il explique qu’il s’est rendu à Toulouse le jour même pour trouver une arme. Quelques heures plus tard, toujours d’après sa version, une personne est venue de Toulouse jusqu’à Cahors pour lui apporter un fusil à canon scié, qui n’était pas chargé.
Désormais armé, Benjamin décide de descendre en ville pour tenter de retrouver son agresseur. N’ayant pas le permis de conduire (il est tout juste majeur), il demande à un copain du quartier, âgé de 20 ans, de le conduire au centre-ville. Le conducteur est lui aussi présent au tribunal de Cahors, pour « complicité de violence avec usage ou menace d’une arme ».
« J’ai mis l’arme sous le siège. Le fusil était dans un sac. Le conducteur ne savait pas qu’il y avait une arme dans le sac » explique Benjamin au tribunal. « J’ai réagi à chaud, je voulais lui faire peur pour qu’il ne s’approche plus jamais de moi. Je lui ai dit de monter dans la voiture. Il a mis sa main dans sa poche, j’ai sorti l’arme. Il l’a vu, il est parti en courant. J’ai demandé au conducteur de le rattraper. Quand je suis descendu de la voiture, il n’était plus là. On est reparti. »
Le conducteur explique au tribunal qu’il était « dans le stress » quand il a vu son copain sortir le fusil. « Je ne savais plus comment réagir. Je ne sais pas s’il a pointé l’arme. »
Benjamin est en détention depuis le 22 juillet dernier. « J’ai rien à faire là-bas, y’a des gens qui font très peur là-bas », explique-t-il au tribunal. Même si son casier judiciaire était vierge au moment des faits du 22 juillet, Benjamin a déjà eu affaire à la justice pour une conduite sans permis en 2023 à 16 ans et des violences avec arme le 31 mars 2024 (il a été condamné en juin 2025). Même chose pour le conducteur qui a un casier vide, bien qu’il ait été condamné le 21 février 2025 par le tribunal de Cahors pour des violences lors d’une fête à Montcuq en août 2024.
Les peines
La procureure parle de « règlement de compte », et dénonce cette volonté de « se faire justice soi-même ». « Les éléments sont caractérisés. Il reconnaît les faits. Il se rend à Toulouse, on lui livre une arme. Ce n’est pas une réaction impulsive. La préméditation est manifeste. Quant au conducteur, il est complice. Il a agi sciemment, il savait qu’ils allaient le chercher pour lui faire peur. » Elle demande contre Benjamin une peine de 12 mois de prison dont 4 avec sursis, mise à l’épreuve pendant 2 ans, et contre le conducteur une peine de 8 mois dont 4 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.
Me Aurélie Smagghe, avocate du conducteur, s’interroge sur la présence de la victime à Cahors. Après sa sortie de prison, le jeune homme a été « assigné à résidence par la préfecture dans une association à Cahors ». « Personne n’est responsable de cette décision de la préfecture. C’est le point de départ de ce triste dossier. Si l’agresseur n’avait pas été autorisé à rester à quelques mètres de sa victime… Je me devais de le dire. » Concernant son client, elle explique qu’il est « un des rares à avoir le permis de conduire ». « C’est à lui que l’on fait appel pour aller se promener dans les rues de Cahors. Il était au volant, il a suivi la victime dans les rues de Cahors et c’est tout. Je ne dis pas que ce n’est pas grave. Il a un casier vierge. Il va démarrer un travail de livreur. »
Me Morgane Dupoux, avocate de Benjamin, rappelle que ce dernier a été blessé par arme blanche. « Il estime que son agresseur n’a pas été assez condamné. Il se sent vulnérable, il veut faire démonstration de sa force. Tout seul, il ne fait pas peur. Il n’y a pas eu de coups portés, pas de coups de feu, l’arme n’était pas chargée. Il a voulu que la peur change de camp. Il est né en mars 2007, il a tout juste 18 ans. Il a des ressources, son avenir est à l’école. »
Benjamin a été condamné à 12 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire pendant 2 ans avec une obligation de travailler, l’interdiction d’approcher du Foyer de jeunes travailleurs avenue Jean Jaurès à Cahors, de rentrer en contact avec la victime et le conducteur. Avec maintien en détention. Son conducteur a été condamné à une peine de 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec les obligations et interdictions. Il devra suivre un stage de citoyenneté.
Ils disposent d’un délai de 10 jours pour faire appel.
* Le prénom a été changé
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
La chronique se veut générée de la façon la plus claire que possible. Dans le cas où vous souhaitez présenter des renseignements complémentaires à cet article sur le sujet « Frères jumeaux de l’Essonnes » il vous est possible d’écrire aux contacts indiqués sur notre website. La raison d’être de jumeaux91.fr étant de rassembler sur le web des posts sur le sujet de Frères jumeaux de l’Essonnes puis les diffuser en répondant au mieux aux interrogations des gens. Vous pouvez tirer profit de cet article traitant le sujet « Frères jumeaux de l’Essonnes ». Il est concocté par l’équipe jumeaux91.fr. Prochainement, nous rendrons accessibles au public d’autres informations pertinentes sur le sujet « Frères jumeaux de l’Essonnes ». Alors, consultez systématiquement notre blog.

