
Très « famille », les jumeaux, gérants des discothèques L’Usine à gaz, à Béziers, et Santa Maria, à Vias-Plage, partagent avec Midi Libre une pause-café chez leurs parents, à Portiragnes.
Si d’ordinaire, Midi Libre partage une pause-café avec une personnalité du territoire dans un établissement de Béziers ou du Biterrois, cette fois, avec les frères jumeaux Bienvenu, Benoit et Guillaume, à la tête des boîtes de nuit L’Usine à gaz, à Béziers, et Santa Maria, à Vias-Plage, la rencontre aura lieu chez les parents. Dans la maison familiale de Portiragnes, autour d’une table, avec Henri et Martine, ainsi que Marie, la compagne de Guillaume et sa fille, Ninon, bientôt 4 ans.
« On est très famille, lancent les jumeaux. Ici, c’est notre point de chute, de ralliement. » Les sourires et les bons mots permanents des frères Bienvenu tournent tout de suite autour de la gémellité, bien entendu, aussi de la famille, du travail, du sport, tous ces éléments de vie qui les caractérisent et les cimentent.
Des vies bien remplies, très similaires et différentes à la fois
Difficile de tout assimiler, de suivre, tant les deux frères ont eu – et ont toujours – des vies bien remplies. On commencera par leurs similitudes, elles sont bien plus nombreuses que leurs différences. Ils naissent et grandissent à Sens, dans l’Yonne où ils restent jusqu’à leurs 18 ans. « Jusqu’en Terminale, mais jamais dans la même classe, un choix de nos parents, mais aussi, plus tard, de filières, précise Benoit. Et des vacances très souvent à Béziers, chez nos grands-parents, dans leur appartement de L’Iranget. »
Côté passion, rien ne les éloigne : rugby et ski, deux sports ancrés dans un même ADN. « Il fallait canaliser leur énergie », fait remarquer Martine. Même avec des parcours d’après bac différents, Benoit et Guillaume obtiendront la même année leur diplôme de moniteurs de ski. Ce métier ne les lâchera jamais, ils l’exerceront dans diverses stations des Alpes. Toujours ensemble, pendant de nombreuses années. « Dans notre jeunesse, on faisait des allers-retours : ski la semaine, rugby le week-end, entre les Alpes, Sens pour la famille, et les villes où l’on se déplaçait pour nos matchs. » ASBH en espoir, Millau en Fédérale 1, Lézignan-Corbières (en XIII) pour Benoît, Carcassonne (en Fédérale 1, 2 et Pro D2) pour Guillaume…
Mais en 1996, Benoit tombe amoureux d’une Biterroise, Sophie. Trois ans plus tard, il lâche le frérot, la famille et part vivre à Béziers. Il ne restera pas longtemps sans son frère et ses parents, qui s’installent définitivement dans le Biterrois en 2000. Guillaume rejoint Benoit en 2001 pour jouer à Millau et travailler chez Buesa. Benoit finit au club de Murviel, grâce auquel il se forme pour travailler sur les plateformes pétrolières en Afrique. « Je travaillais un mois, et repos pendant un mois », pour travailler en tant que moniteur de ski avec son frère, et jouer au rugby. Une vie qu’ils mèneront pendant dix ans.
La Nouvelle aventure
En 2O15, leur sort se scelle encore plus dans le monde la nuit qu’ils adorent. Leur physique de rugbymen si similaire, leur bagou, leur énergie et leur grande capacité de travail seront un atout. Les deux désormais Biterrois, férus de travail, s’associent à Christelle, qui vient de créer le bar restaurant L’Endroit, face aux arènes. Idem quatre ans plus tard : ils lâchent L’Endroit pour la belle aventure de L’Usine à gaz. « On a monté le dossier, acheté le fond et ouvert en 2020. » Ils ont 45 ans. Benoit arrête toutes ses activités pour se consacrer au monde des dancefloors. Guillaume « pour plus de sécurité », conserve son travail chez Buesa. En 2023, ils reprennent la boîte mythique viassoise Santa Maria. « Être jumeaux, c’est une force pour avancer, précise Guillaume. À deux, on a plus d’énergie, d’idées, on a mois peur de l’inconnu. »
Rien ne les arrête. « On travaille actuellement sur un projet avec l’Agglo pour faire bouger les nuits biterroises, à l’ouest de la ville. » On n’en saura pas plus. Benoit et Guillaume préfèrent rester prudents sur leur nouveau défi. « Ce sont les banquiers qui décideront… »
Leurs coups de cœur
Un lieu à Béziers
« Le cœur de ville, ses halles, sa cathédrale. C’est agréable de s’y promener, on y voit de plus en plus de touristes, et c’est très bien pour les Biterrois. »
Leur madeleine de Proust… culinaire
La mousse au chocolat de sa grand-mère et le sauté de veau de sa mère pour Benoit ; les saucisses lentilles et tomates farcies pour Guillaume. « Ces plats nous renvoient vers les grandes tablées de notre enfance à l’Iranget, avec notre papy très “chef de famille” et tous nos cousins. »
Un écrivain
Ken Follett pour Benoit : « Il m’a permis de revoir l’histoire des trois grandes guerres de façon ludique et avec un regard plus mature. » Michel Houellebecq pour Guillaume : « Je sais qu’il est politiquement incorrect mais j’aime sa façon d’écrire. »
Une bouteille
Tous deux adorent et savourent surtout des vins rouges de l’arrière-pays biterrois.
Une passion cachée
Pour Guillaume, le surf et… la géopolitique : « J’aime comprendre ce qu’il se passe dans le monde. Alors, tard dans la nuit, je regarde souvent, et seul, des reportages et des documentaires… » Benoit, lui, ne se cache pas, bien au contraire, pour… faire du vélo : « Ça me détend et me permet de garder la forme. »
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